Reportage

Dimanche midi sur l’Ile-aux-Moines, au milieu du cromlech de Kergonan ou au pied du dolmen de Penhap, Nouria Sanz était très courtisée par presqu’une douzaine d’hommes, de François Goulard, président du Conseil général, à Jacques Bruneau, maire de Carnac et président de la jeune association Paysages mégalithiques de Carnac et du Sud-Morbihan, en passant par le paléontologue Yves Coppens.

Car de par ses fonctions de directrice du programme préhistoire à l’Unesco à Paris, c’est à cette femme que doit être prochainement adressé le dossier pour tenter de classer les mégalithes morbihannais au patrimoine mondial.

L’optimisme d’Yves Coppens

« Carnac est bien sûr l’épicentre de ce dossier mais je suis venue pour constater sur le terrain que d’autres richesses existent dans des communes moins connues », explique Nouria Sanz qui ne veut surtout pas donner aujourd’hui un avis sur la qualité de ce qui lui est présenté.

« Pour obtenir ce classement, il va en fait falloir convaincre les 188 pays qui composent l’Unesco, avant que les 21 membres du jury ne se prononcent. Je ne peux donner de délai. La procédure est longue et varie en fonction de chaque demande. »

Yves Coppens se veut, lui, précis : « Je compte sur un délai minimum de trois ans car nous espérons contourner certaines étapes. Je suis optimiste. Le dossier se constitue et nous avons un site remarquable, homogène et unique, qui s’étend de la rivière d’Étel jusqu’à la presqu’île de Rhuys, en passant naturellement par Carnac, Locmariaquer et le Golfe. »

Pour François Goulard, « la venue de Nouria Sanz est une étape importante car elle montre l’intérêt de l’Unesco pour ce dossier alors que nous ne sommes qu’au stade préliminaire du classement. Le Conseil général aide financièrement cette ambition mais elle est d’abord portée par la nouvelle association que préside Jacques Bruneau. Ce classement au patrimoine mondial de l’Unesco devrait accentuer la notoriété du Morbihan. »

Selon le président du Conseil général, « il ne s’agit pas de transformer ces mégalithes en un Disneyland, d’autant plus qu’ils sont implantés dans des lieux fragiles qu’il faut protéger. Mais c’est toute une civilisation, dont on ne fait que connaître les balbutiements, qu’il nous faut valoriser. Dans ce sens, les deux musées de Carnac et Vannes devront être modernisés. Nous avons tout pour réussir et attirer des touristes avides de culture. »

Infos http://www.pontivy.maville.com/actu/actudet_-L-Unesco-s-interesse-aux-megalithes-du-Morbihan_fil-2153804_actu.Htm