Carnac attend toujours l’examen des menhirs

Yves Coppens et le comité
scientifique ne sont toujours pas opérationnels

Ce n’est pas encore l’été
prochain qu’on pourra se promener librement au pied des menhirs et des dolmens
de Carnac ! Yves Coppens et le comité scientifique devaient commencer à examiner
les alignements en septembre dernier, mais, en fait, ils ne seront pas
opérationnels avant le printemps 2005…

Yves Coppens, appelé pour surveiller
et sauver les menhirs de Carnac : c’était ce qu’annonçait en mai le comité de
pilotage pour la mise en valeur du site mégalithique. Il était alors prévu que
le paléontologue et père de Lucy – qui est natif de Vannes – interviendrait à
partir de septembre, à la tête d’un comité scientifique constitué pour analyser
les alignements et leur environnement et pour conseiller le groupement d’intérêt
public culturel chargé de la gestion administrative et financière de cette
propriété de l’État.
Ça n’avance guère !
Six mois plus tard, on en est
toujours au même point. La préfète du Morbihan, Élisabeth Allaire, qui se montre
pourtant « sereine », indique qu’il faudra attendre le printemps pour voir la
mise en place de ces deux instances. Mais, quand on l’interroge sur les
nouveautés que l’on pourra voir l’été prochain par rapport à 2004, il s’ensuit
un grand blanc. « L’élection d’un nouveau maire à Carnac a retardé le dossier,
explique-t-elle. Mais il y a aujourd’hui consensus entre les cinq partenaires
que sont l’État, le Centre des monuments régionaux, la Région, le département et
la commune de Carnac. »
Il n’empêche qu’avec ce retard, le dossier de remise
en valeur du site repousse d’autant le passage à un autre organisme définitif de
gestion : un établissement public de coopération culturelle confié aux
collectivités locales (1). Cet organisme ne devrait pas voir le jour avant deux
ans.
Les conflits entre l’État et les associations de défense du site
appartiennent désormais au passé. Mais, avant de cheminer de nouveau en toute
liberté entre menhirs et dolmens, il faudra attendre que le comité scientifique
se prononce sur l’état de dégradation du site et qu’il délivre ses conseils sur
les premières mesures de revalorisation. Certes, on va poursuivre la
restauration des murets séparant les champs de menhirs et certains accès
resteront temporairement ouverts. Mais, l’été prochain, les centaines de
milliers de visiteurs seront toujours frustrés de découvrir les mégalithes à
travers des grillages. Une situation qui dure depuis 1991.
(1) Région,
département et communes de Carnac et La Trinité-sur-Mer.

Patrick CERTAIN.